Ne possedant quasiment aucune ressource exportable a grande echelle (en dehors de son artisanat), le territoire doit importer l'ecrasante majorite de ses biens de consommation, de ses materiaux de construction et de ses hydrocarbures, ce qui genere un desequilibre commercial structurel massif.
AGRICULTURE
A Wallis-et-Futuna, le developpement de l'agriculture rencontre de nombreux defis : l'exiguite des iles, un relief tres accidente a Futuna, et un appauvrissement des sols du a la pratique ancienne de la culture sur brulis. A cela s'ajoute le systeme de propriete coutumiere, qui rend les terres inalienables et limite les grands investissements fonciers.
L'agriculture est donc essentiellement vivriere. Elle permet de couvrir les besoins d'autoconsommation des familles en produits de base (taros, ignames, manioc, bananes, fruits a pain, noix de coco). En revanche, la grande majorite des produits frais et manufactures de type europeen doit etre importee par voie maritime depuis l'Australie, la Nouvelle-Zelande ou la metropole.
L'elevage porcin revet une importance capitale. Bien plus qu'une simple ressource alimentaire, le cochon possede une valeur coutumiere inestimable : il est la piece maitresse des "katoaga" (les grandes fetes coutumieres et religieuses). L'archipel compte ainsi des milliers de porcs eleves par la quasi-totalite des familles. Quelques elevages avicoles tentent de satisfaire la demande locale en oeufs, tandis que l'elevage bovin reste tres anecdotique.
PECHE
Malgre une tres vaste Zone Economique Exclusive (ZEE), la peche a Wallis-et-Futuna reste cantonnee a une echelle purement artisanale. Les pecheurs operent principalement dans le riche lagon de Wallis ou a proximite immediate des cotes de Futuna, utilisant de petites embarcations motorisees, le filet, la ligne de traine ou le fusil harpon.
Les produits de cette activite sont entierement autoconsommes par les familles ou vendus en bord de route. Cependant, ce tonnage ne suffit pas a couvrir la demande locale croissante, obligeant le territoire a importer des produits de la mer congeles. Contrairement a d'autres archipels du Pacifique, le territoire n'a pas encore reussi a developper une veritable flotte de peche hauturiere industrielle.
ARTISANAT, BATIMENT ET TRAVAUX PUBLICS
L'artisanat traditionnel est l'une des rares veritables ressources economiques propres de l'archipel. Autrefois purement utilitaires, ces objets se sont transformes en articles decoratifs tres prises : superbes tapas (ecorces battues et decorees avec des peintures vegetales), nattes tressees, colliers de coquillages et sculptures en bois.
Cette production, qui reflete l'ame de la culture locale, est principalement ecoulee aupres des visiteurs ou exportee vers la diaspora en Nouvelle-Caledonie. Toutefois, son developpement commercial bute sur les couts prohibitifs de l'acheminement aerien et la forte concurrence des pays voisins (Fidji, Samoa).
Le secteur du Batiment et des Travaux Publics (BTP) est quant a lui le principal moteur du secteur prive. Il depend quasi exclusivement de la commande publique (Etat, Territoire, fonds europeens) pour la construction d'infrastructures scolaires, hospitalieres ou l'entretien des routes et des ports.
TOURISME
Le tourisme est encore a l'etat embryonnaire sur le territoire. L'archipel ne compte qu'une poignee de petits etablissements hoteliers et de chambres d'hotes, principalement situes a Mata-Utu (le chef-lieu a Wallis).
Pourtant, le territoire possede des atouts indeniables et inexploites : un lagon magnifique, des lacs de cratere mysterieux (comme le lac Lalolalo), des vestiges archeologiques tongiens, et surtout une culture polynesienne d'une authenticite rarissime.
Le developpement touristique se heurte cependant a des freins majeurs : un enclavement aerien extreme (vols uniquement depuis Noumea ou Fidji avec des tarifs tres eleves), l'absence d'infrastructures de loisirs, et la complexite du droit foncier coutumier, qui rend tres difficile l'installation d'investisseurs etrangers pour creer des complexes hoteliers.
FORET
Les forets de Wallis-et-Futuna ont historiquement beaucoup souffert des consequences du defrichement agricole et de la coupe de bois pour les feux domestiques ou la construction d'habitations traditionnelles.
Seule Alofi, la petite ile voisine et inhabituee de Futuna, possede encore un splendide massif forestier primaire relativement preserve. Sur l'ile de Wallis, la degradation des sols (notamment sur les zones de "toafa") a pousse les pouvoirs publics a reagir.
Le service de l'economie rurale et de l'environnement mene regulierement de vastes programmes de reboisement. Des centaines d'hectares ont ete plantes (notamment en pins des Caraibes) au fil des decennies pour lutter contre l'erosion des sols, preserver les bassins versants et regenerer le couvert vegetal de l'archipel.
